Les établissements scientifiques belges en danger

24 mai 2019 - La Belgique compte dix Etablissements Scientifiques Fédéraux (ESF) qui effectuent des recherches scientifiques de pointe, archivent des documents et des collections, ou encore conservent et exposent des trésors liés à l’art. Chaque établissement est unique, chaque établissement constitue un des joyaux scientifiques et culturels du pays qui doivent garantir la préservation du patrimoine belge. Cependant, la richesse substantielle de ces institutions contraste fortement avec la situation financière désastreuse d’aujourd’hui. Tous luttent quotidiennement contre les conséquences des économies financières, du manque de personnel permanent, du mauvais entretien des bâtiments, etc. Ce n’est pas différent pour l'Institut royal d'Aéronomie Spatiale de Belgique (IASB).

Le fond du problème réside dans l’absence d’une vision claire et soutenue par les ESF de la part des dirigeants politiques. Sur les dix directeurs généraux, pas moins de six exercent leurs fonctions en tant qu’ intérimaire, une situation insoutenable qui dure depuis des années.

De plus, nous voyons nos budgets diminuer de plus en plus. Depuis 2014, la subvention a diminué de 2% par an. Compte tenu de l'évolution de l'indice des prix, notre revenu structurel effectif a diminué d'au moins 16% depuis 2012. Cela signifie concrètement la perte d'un agent permanent par an. L’IASB obtient la majeure partie de ses revenus financiers (pas moins de 56%) en rédigeant des propositions de projets répondant à des appels concurrentiels de l'ESA, de l'Union européenne, ... L’épargne qui avait été constituée dans le passé a été "gelée" par le gouvernement et ne peut être utilisée qu’au compte-goutte.

Résumé des revenus de l'IASB.

Les conséquences pour le personnel sont considérables. Alors que le besoin de recherches scientifiques avancées sur l'atmosphère s'est énormément développé au cours des dernières décennies (il suffit de penser à la pollution de l'air, au climat, à la destruction de la couche d'ozone), il est très difficile de répondre à cette demande. À la fin de 2018, seulement 34% du personnel était statutaire, le reste étant rémunéré avec nos propres ressources, apportées via des subventions et des projets de recherche temporaires, ce qui signifie une faible stabilité. Un manque de continuité dans les connaissances et les compétences nuit à la recherche fondamentale et donc à nos services et à notre compétitivité au niveau international.

Les restrictions financières touchent à la fois les employés, qui subissent une pression accrue, mais également directement les recherches et les collections des musées de nos institutions partenaires. Les institutions sont livrées à elles-mêmes, obligées de chercher de l'aide ailleurs pour joindre les deux bouts. La richesse culturelle et scientifique de la Belgique pâti de cette situation précaire et stressante. Combien de temps les ESF peuvent-ils encore tenir comme ça?

Lisez le dossier complet dans cet article dans Daily Science.

 

 

 

 

 

 

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